Des astronomes viennent de dénicher des centaines de trous noirs invisibles, on a sous-estimé leur présence depuis le début

Les trous noirs sont parmi les objets les plus mystérieux du cosmos. Certains restent invisibles, dissimulés derrière d’épais nuages de gaz et de poussière. Grâce à de nouvelles techniques d’observation, des astronomes viennent d’en identifier des centaines, et il pourrait y en avoir des milliards, voire trillions d’autres.

trou noir dans gaz
Un trou noir supermassif entouré d'un tore de gaz et de poussière est représenté dans quatre longueurs d'onde de lumière différentes dans cette conception artistique. Crédit : NASA/JPL-Caltech

L’univers est rempli de trous noirs, ces objets si denses que même la lumière ne peut s’en échapper. En théorie, il en existe des milliards, voire des trillions, mais une grande partie reste encore indétectable. Certains émettent un rayonnement intense lorsqu’ils absorbent de la matière, ce qui permet aux astronomes de les repérer. Mais d’autres sont dissimulés derrière des nuages de poussière cosmique qui rendent leur détection bien plus complexe. Pendant longtemps, ces astres cachés sont passés inaperçus et ont faussé les estimations du nombre réel de ces objets dans l’univers.

Des chercheurs ont récemment réussi à percer ce mystère en identifiant plusieurs centaines de trous noirs obscurcis. Pour cela, ils ont analysé des émissions infrarouges et des rayons X provenant de ces objets. Contrairement à la lumière visible, qui est bloquée par la poussière, ces signaux permettent de révéler la présence des trous noirs cachés. En combinant des données du satellite IRAS, actif dans les années 1980, et du télescope NuSTAR, qui détecte les rayons X à haute énergie, ils ont pu confirmer l’existence de ces derniers, qui étaient jusque-là invisibles. Ces résultats suggèrent qu’au moins 50 % des trous noirs supermassifs pourraient être cachés de cette façon, bien plus que les 15 % initialement estimés.

Les chercheurs utilisent l’infrarouge pour repérer les trous noirs cachés

Cette découverte change notre compréhension de la structure et de l’évolution des galaxies. Les trous noirs supermassifs jouent un rôle clé dans leur développement, influençant la formation des étoiles et la répartition de la matière. Certains astronomes pensent même qu’ils pourraient limiter la croissance des galaxies en attirant et en absorbant une partie de la poussière et du gaz nécessaires à la naissance des étoiles. Si ces trous noirs cachés sont aussi nombreux qu’on le pense, ils pourraient avoir un impact bien plus important que prévu sur l’évolution du cosmos, y compris celle de la Voie lactée.

Cette avancée ouvre la porte à de nouvelles techniques d’observation. Grâce aux progrès des télescopes infrarouges et des détecteurs de rayons X, les astronomes pourront désormais traquer ces trous noirs avec plus de précision. De futures missions spatiales, comme le télescope James Webb, pourraient permettre d’identifier encore plus d’objets cachés et de mieux comprendre leur rôle dans l’univers. Cette approche pourrait également nous aider à étudier Sagittarius A*, le trou noir supermassif au centre de notre galaxie, et son influence sur la Voie lactée. Avec ces nouvelles données, les scientifiques espèrent affiner leurs modèles et mieux cerner l’impact des trous noirs sur le cosmos.

Source : NASA


Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque jour, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Réagissez à cet article !
Demandez nos derniers  !