Les ventes de Tesla dégringolent en Europe, Elon Musk fait fuir les acheteurs
Alors que le marché de l'électrique se porte plutôt bien en Europe en ce début d'année 2025, Tesla a vu ses ventes divisées par deux. Le constructeur semble souffrir d'un récent manque d'innovations face à une concurrence de plus en plus féroce, mais aussi des frasques politiques d'Elon Musk.

L'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) a publié ses derniers chiffres sur les nouvelles immatriculations de véhicules électriques en Europe. Le marché en général est en bonne santé, mais Tesla subi une très forte baisse de ses ventes. Le constructeur paye notamment la nouvelle carrière politique embrasée par Elon Musk.
En janvier et février 2025, les ventes de véhicules 100 % électriques neufs ont progressé de 28,4 % au sein de l'Union européenne. Une hausse que l'on doit surtout aux bonnes performances de trois des quatre principaux marchés européens de l'électrique : l'Allemagne (+41 %), la Belgique (+38 %) et les Pays-Bas (+25 %). Le quatrième larron en question, la France, enregistre par contre une baisse de -1,3 % sur la période. Le 100 % électrique représente dorénavant 15,2 % des ventes de véhicules neufs en Europe.
Les ventes de Tesla baissent de moitié
Le groupe Volkswagen, numéro 1 de l'industrie, voit ses livraisons totales augmenter de 4,8 % en janvier et février 2025. Renault (+8,3 %) et BMW (+2,5%) sont les deux autres géants de l'automobile à connaître la croissance. La situation est moins enviable pour Stellantis, dont les ventes ont chuté de 17,1 %. Peugeot et Citroën sont en baisse, mais ce sont davantage Fiat et Opel qui plombent les résultats du groupe. Toyota (-5,0 %), Hyundai (-7,9 %) et Mercedes-Benz (-5,0 %) constatent, eux aussi, une dégradation des ventes.
Mais ce n'est rien en comparaison de Tesla. Le constructeur états-unien a perdu presque la moitié de sa clientèle (-49 %). Après avoir vendu 37 311 voitures neuves au début de l'année 2024, seulement 19 046 véhicules ont trouvé un acquéreur sur les deux premiers mois de 2025.
Plusieurs éléments viennent expliquer ce déclin massif de Tesla sur le vieux continent. Tout d'abord, la marque a eu du mal à se renouveler au cours des dernières années, en témoignent les dernières versions des Model 3 et Model Y, qui n'ont apporté que peu d'améliorations. Les concurrents ne cessent quant à eux de progresser, et profitent de l'absence de Tesla sur le segment des citadines et de l'entrée de gamme pour s'y imposer.
Pour y remédier, Tesla travaillerait sur une Model Q, un nouveau véhicule plus petit, plus léger et moins cher que la Model 3. La Model Q doit rendre l'écosystème Tesla plus accessible et booster les ventes. Sauf que l'aspect purement technologie et industriel n'est pas le seul à prendre en compte dans le cas du constructeur.
Les aventures trumpiennes d'Elon Musk ont une conséquence sur Tesla
Il est difficile de quantifier à quel point, mais il ne fait aucun doute que les fantaisies d'Elon Musk sont un frein à la croissance de Tesla. Soutien de Donald Trump, il est à la tête du DOGE (département de l'Efficacité gouvernementale), qui vise à réduire les dépenses publiques aux États-Unis. Cette carrière politique (et ses prises de position sur certains sujets) a clairement fâché une partie des consommateurs, qui refusent dorénavant d'acheter ou même de rouler en Tesla.
Des propriétaires de Tesla cherchent en masse à vendre leur véhicule, causant un effondrement de leur valeur sur le marché de l'occasion. Il y a clairement quelques bonnes affaires à réaliser de ce côté plutôt que d'acquérir une Tesla neuve en ce moment. Les actes de vandalisme contre les Tesla se sont multipliés, outre-Atlantique comme en Europe. De quoi décourager de potentiels acheteurs, qui peuvent craindre des dégradations de leur véhicule, voire des intimidations. Pour ne rien arranger, les assurances songeraient à augmenter leurs prix, puisque les Tesla sont plus sujettes aux détériorations. Un autre argument pour ne pas acheter une Tesla du côté des conducteurs.
Il y a quelques semaines, Donald Trump a acheté une Tesla, alors qu'il ne conduit pas, en soutien à Elon Musk. Pour le président des États-Unis, cette vague de ce qui commence à s'apparenter à un boycott est dangereuse. D'autres industriels et hommes d'affaires pourraient craindre dans le futur de s'associer à lui si leurs entreprises peuvent en pâtir. Toujours aussi diplomate, Donald Trump a déclaré que les dégradations de Tesla seraient jugées comme du terrorisme intérieur, ce qui n'a pas manqué d'exacerber encore un peu plus les tensions entre “pro” et “anti” Musk.